Installation thèse création

dessin de l'installation réécriture, crayon sur papier, 21cm x 29,7cm

De 1999 à 2004, mon travail a pris une tournure théorique, puisque je me suis dirigée vers un doctorat en Etudes et Pratiques des Arts, au Québec à Montréal. Ces études s'adressent à des artistes praticiens, qui veulent explorer les processus à l'oeuvre au coeur de leur pratiques. Par leurs questions et leurs recherches, ces artistes abordent les questions fondamentales de l'art et surtout décrivent dans le vivant de leur pratique, les processus au coeur de l'acte créatif.

Le processus de création, qui a lentement émergé de ma recherche doctorale, est celui de la réécriture. La réécriture que j'ai découvert comme un moyen de retrouver sa démarche et son processus de création. Effectuer consciemment un retour en arrière sur tout ce qui nous a construit en tant qu'artiste et qui révèle une démarche un chemin. La découverte de la récurrence de certains thèmes, qui a chaque nouvelle approche technique, affleurent en surface. Concrètement, j'ai repris tous les carnets, toutes les images, toutes les créations que j'avais réalisé depuis 1990, depuis mon premier contact avec l'art. J'ai réécrit toute ma production sous forme de livres et pour présenter ce travail, j'ai utilisé la forme de l'installation. Amas de livres, étagères, petits dessins collages, tables, chaises, tableaux noirs, autant de choses qui permettraient au spectateur de venir regarder ces années de création d'un seul coup d'oeil, de pénétrer à l'intérieur d'un processus en cours. Dans la lignée de la thérapie, de l'analyse, d'une logique introspective, je découvris mes obsessions, et la logique avec laquelle elles revenaient, et comment elles dessinaient un chemin qui me représentaient. Importance pour l'artiste que je suis de se reconnaître, de voir à quel point l'individu que je suis croisait l'artiste que je devenais. Que l'individu était indissociable de l'artiste. Que l'art me permettait d'exprimer et de donner formes à des questions intimes, qu'il devenait même le terrain d'une possible exploration, où inconsciemment je faisais émerger mon histoire. Histoire de la création, Histoire de l'Art avec un grand "H". Soudain mon histoire était dans la grande Histoire, je pouvais par ce processus de réécriture, comprendre comment ma création était le résultat de toutes les histoires (avec un petit ou un grand "H"). Comment j'étais ma création devenait la cristallisation d'une pensée en mouvement.

Dans la même logique que des artistes comme Dieter Roth, je me révélais à moi-même par cette installation, je réduisais mon parcours à une pièce complexe où tout se chevauchait dans des boîtes d'archivage, sur des étagères. Cabinet de curiosité d'une seule histoire de la création et de l'individu.

Par extension, ce processus me semblait pouvoir devenir un outil pédagogique pour de jeunes élèves en sortie de beaux-arts, comment les aider à trouver qui ils étaient dans leur pratique. Un outil de travail pour chacun d'entre eux, un retour en arrière sur ce qui les avaient fabriqués jusque là et qui pouvaient leur donner les moyens de tracer une route au devant, libres parce que conscient de ce qu'ils véhiculaient et contenaient.

Dessin de poupée en boîte, 15cm x 20cm, crayon sur papier
installation coquillages
Les poupées, tissus et feutres, environ 15cm de hauteur
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