construction I, fusains et mine de plomb sur carton, 2.70m x 2.40m

En 1994, Claire et François des Editions Collodion, m'invitèrent à réaliser ma première exposition à Martigues dans les Bouches du Rhône. Opportunité extraordinaire pour une jeune artiste en 4eme année de Beaux-Arts, puisqu'ils me donnaient libre cours dans une salle très vaste, réalisaient un catalogue avec les textes de deux poètes - Julien Blaine et Jean-Marie Rouvière - et surtout me donnait la possibilité de rencontrer une artiste déjà confirmée Lydie Arikx. A l'époque, je travaillais sur le thème des maisons. Je faisais varier cette forme sur papier, triangle et carré, et jouais des lignes de séparation pour diviser la feuille de papier. Pretexte de création qui me conduisait vers une forme de travail d'installation in-situe dans la salle de l'Aigalier à Martigues.

Pendant plusieurs semaines, je partais tôt le matin avec mon ami pécheur, dessiner les façades et les maisons du village de Martigues. Je m'imprégnais de ses formes, de ses teintes, de ces petites maisons sur l'île de Martigues, enchevêtrées les unes dans les autres. J'observais les ombres et le jeu de ces lignes sur la surface des murs. Je les regardais comme si elles étaient des peintures, une surface bi-dimensionnelle comme celle de mon papier ou du mur de la salle dans laquelle j'aillais travailler.

Il en résulta un travail au fusain et à la mine de plomb sur papier et carton à même les murs de la salle. Je jouais à nouveau avec les espaces, proposant de nouveaux découpages, offrant à l'oeil la possibilité de redécouvrir l'espace de la salle d'exposition. Créeant, des passages entre le mur et l'oeuvre, où le blanc du mur servait les formes de mes oeuvres. Ou la ligne d'une tige de métal servait de division au rectangle du mur. Confusion entre l'espace réel et l'espace fictionnel de mes oeuvres. Mes oeuvres n'existaient qu'en lien avec l'espace qui les entouraient. Une indissociabilité de l'oeuvre avec l'espace environnant, pour que le spectateur puisse plus facilement y pénétrer. La question de l'illusion, la question de l'espace, la question de la fiction de l'image et de cette perception de l'oeil et de son placement et finalement la question du spectateur et de son investissement spatial.  Parallèlement, à ces oeuvres grandes à echelle anthropomorphique - 2m de haut -  je réalisais une série de dessins sur un vieux carnets de compte datant de 1850. J'explorais les chiffres comme élément graphique, comme division de la surface, et intervenait pour les faire devenir oeuvre. J'assemblais ces pages de carnets comme un carrelage à même le mur de la salle, laissant à nouveau le blanc du mur ponctuer l'oeuvre comme des silences, des repos pour l'oeil......

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